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Le dimanche 11 mars, Monsieur Delafond réunit tous les ingénieurs, géomètres pour faire un bilan de la situation et prendre des décisions. Les trois délégués mineurs : Urbain, Simon et Dacheville ne seront pas conviés. Pendant ce temps, le délégué mineur Simon entreprend une nouvelle recherche au matin dans le puits 3 en vain. Ce puits ne sera dégagé que d'une vingtaine de mètre dans la journée du 11, la présence des fumées et gaz présentant toujours une menace.

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En cette fin de journée, M. Delafond pense que l'explosion provient du feu de la veine Cécile. Le puits 3 ne sera pas déblayé rapidement, les hommes n'étant pas remontés, sont probablement tous morts. Le puits 3 doit servir désormais de retour d'air et par conséquent l'inversion de l'aérage est une nécessité. L'aérage du puits 3 est inversé dans la nuit du 11 au 12 mars. L'orifice du puits est obturé par un plancher étanche, le ventilateur est remis en marche (aspiration). Après quelques heures de fonctionnement, on se rend compte que l'air frais ne rentre pas par le puits 4 malgré la chute d'eau et l'aspiration au puits 3. L'aérage est encore une fois modifié : aspiration aux puits 3 et 4, entrée d'air par le puits 2. Ce nouveau dispositif va permettre de continuer les recherches et l'évacuation des cadavres. Les ingénieurs espèrent progresser vers le puits 3 grâce à la veine Joséphine. Le 12 mars vers 18 heures, un courant d'air frais circule par le puits 2. Les travaux sont à nouveau accessibles par le puits 2 et la veine Joséphine 340.

Des sapeurs pompiers parisiens arrivent équipés d'appareils respiratoires Guglielminetti et Vanginot. Des spécialistes allemands arrivent à leur tour, le 12 mars, équipés d'appareils Giesberg. Cette aide allemande sera saluée par la presse plus habituée à la lutte franco-allemande.

Dès le 11 mars, tous les quotidiens nationaux relatent la catastrophe qui émeut toute la France. La solidarité s'organise venant d'une part des autres compagnies du bassin qui fournissent matériel et moyens humains mais aussi d'autres institutions. Le sénat débloque des crédits, les journaux organisent des souscriptions, des quêtes et galas de soutien sont menés. Un comité national est créé pour gérer les sommes reçues, plus de 8 millions en quelques semaines.

Les premiers corps sont remontés le 10 mars par les puits 2, 10 et 4. Entre le 10 et le 11 mars, ce sont 89 victimes qui sont encore remontées. Elles sont atrocement brûlées et défigurées. Elles sont mises dans des chapelles ardentes établies sur chaque siège concerné. Quand c'est possible, les morts sont identifiés par leur famille mais la reconnaissance des victimes ne sera que de 57% lors des deux premiers jours. Les ateliers de menuiserie des compagnies voisines fabriquent rapidement des cercueils.

Les premiers enterrements ont lieu le 13 mars dans le froid, le vent et la neige. Les obsèques solennelles ont lieu dans huit cimetières différents. L'ambiance est à la tristesse mais surtout à la colère. La veille des troupes sont arrivées pour renforcer les effectifs de gendarmerie. Ces renforts sont vécus comme des provocations tout comme le renversement de l'aérage et l'obstruction du puits 3 sonnant l'arrêt des recherches pour les familles. Au cimetière de Méricourt, le député maire de Liévin, Arthur Lamendin dénonce les négligences de sécurité sur l'autel de la rentabilité, propos appuyés par ceux du délégué mineur, Vincent. Les cris hostiles fusent à Méricourt et Billy-Montigny.

Le soir du 13, les premiers mineurs arrêtent le travail à Courrières. Cette grève prend de l'ampleur le lendemain avec des arrêts de travail dans les Compagnies de Dourges, Ostricourt, puis le 15 mars, les Compagnies de Carvin, l'Escarpelle et Liévin sont touchées. Seule la Compagnie de Bruay ne sera pas impactée par cette grève menée de la base sans directive syndicale. La colère gronde de plus en plus aux portes des fosses des Mines de Courrières où 1200 mineurs sont encore portés disparus le soir du 14. Les écrits de tous bords font la une des journaux surtout que l'origine de la catastrophe est toujours méconnue : propagation du feu de la veine Cécile, coup de grisou, explosion de poussière?? Seul un ingénieur de la compagnie de Lens émet l'hypothèse qu'une explosion initiale pas forcément en rapport avec le feu de la veine Cécile aurait enflammé les poussières et formé une réaction en chaîne. Le 17 mars 32000 mineurs sont déclarés grévistes. Ce même jour le nouveau ministre de l'intérieur, Georges Clémenceau, arrive de Paris. Le 20 mars, Brouchoux anarcho-syndicaliste, prend d'assaut la mairie de Lens avec quelques sympathisants de Liévin.

Pendant ce temps les recherches se poursuivent. Seuls des cadavres sont rencontrés au milieu des gaz et des éboulements. La progression est lente. Le 15 mars, les sauveteurs tombent sur un incendie dans les travaux de Joséphine 326. La lutte contre le feu s'organise au dépend des secours (barrages, colonne d'eau...) . Le délégué Mineur Simon dit Ricq est invité à Paris au ministère des travaux public. Simon avait déjà une certaine notoriété pour avoir critiqué l'inversion d'aréage de la fosse 3. Il confirme au ministre que des survivants sont sûrement encore au fond. Le 20 mars le ministre Barthou confie l'enquête à Monsieur Delafond, M. Léon prend en charge l'organisation des secours et  la lutte contre le feu. A la fin du mois de mars, 194 corps ont été remontés et 154 identifiés. La grève continue.


Date de création : 25/01/2014 @ 10:41
Catégorie : Les dates-les personnes - Catastrophes-Catastrophe de Courrières
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