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Le 27 mars, il est décidé de lever le barrage qui ferme la bowette Nord à -306, ayant constaté que le feu de Joséphine était en régression. Le but était de pouvoir mener plus en avant vers le puits 3 des recherches. Celles-ci sont entreprises à travers les veines de Julie et Mathilde, la progression est lente à cause des nombreux éboulements.

Le 30 mars, 8 heures, des mineurs revenant des travaux de Mathilde et Julie à l'accrochage du puits 2 voient arriver treize hommes noirs et faibles. Ils sont remontés à la surface et pris en charge par une équipe médicale dont le docteur Lourties est le médecin chef. Ils sont installés à la Goutte de Lait transformée en infirmerie. Les treize rescapés sont : Charles Pruvost, Anselme Pruvost, Henri Neny, Léon Boursier, Louis Castel, César Danglos, Albert Dubois, Elie Lefèbvre, Romain Noiret, Léon Vanhoudenove, Henri Wattiez, Victor Martin et Honoré Couplet. Le plus âgé est Charles Pruvost, 44 ans, le plus jeune Victor Martin, 13 ans.

Les rescapés racontent leur histoire mais Charles Pruvost et Henri Neny seront les plus bavards. Leur histoire sera cependant nuancée par les autres rescapés.

Ces survivants vont faire surgir un nouveau doute dans la population qui revient aux grilles des fosses. Une nouvelle organisation des secours est mise en œuvre. Le feu de Joséphine est mis au second plan. Le champ d'exploitation du puits 3, hormis certains chantiers encore envahis par les gaz est exploré. L'exploration par le puits 4 reprend le 2 avril après réparation de la machine d'extraction. Le 3 avril on découvre le corps du porion Sylvestre mort asphyxié en tentant de porter secours à son fils le 10 mars. Une cinquantaine de mineurs sont découverts dans la galerie Amé 331, fauchés alors qu'ils regagnaient le puits.

Le 1er avril, le ministre Barthou rend visite aux treize rescapés. Neny et Pruvost Père sont décorés de la légion d'honneur, les autres recevront la médaille d'or du courage. Le corps de l'ingénieur Barrault est retrouvé à l'accrochage du puits 3. Le ministre effectue une descente au puits 2 pour constater l'avancée des recherches.

Le 4 avril, à l'accrochage 331 du puits 4, un « fantôme » rencontre un mineur occupé à charger des déblais. Ce nouveau rescapé est le mineur Augustin Berthon. Cette nouvelle vie extraite de la terre redonne ardeur aux sauveteurs mais Berthon restera l'ultime survivant de l'enfer de Courrières.

 

 

Résumé du récit des rescapés :

 

Dans la veine Joséphine, dix hommes ont échappé à l'explosion. Il remontent la veine vers la bowette -280 en évitant les barrages de la veine Cécile. Ils se dirigent vers l'accrochage -231 du puits 10 qu'ils atteignent. Ils entendent des bruits dans le puits à l'étage -303. Ces hommes, de l'étage -303, seront d'ailleurs secourus le soir même par le délégué mineur Simon. Nos dix mineurs doivent fuir l'accrochage à cause des gaz toxiques et rejoignent Joséphine. Cinq mineurs tombent asphyxiés. Le galibot Anselme s'évanouira et tombera sur sa lampe qui lui le brûlera au visage. Les cinq survivants dont Henri Neny et Anselme Pruvost essaient de gagner la bowette -326. Après quelques jours, trois mineurs de ce groupe regagnent l'accrochage -231 où ils resteront seuls une dizaine de jours. Neny et le galibot Martin s'engagent dans la bowette 326 dégagée de ses fumées et rencontrent huit survivants et arrivant dans la galerie Sainte Barbe.

Dans la veine Adelaïde 280, onze hommes sont survivants mais trois meurent asphyxiés en essayant de regagner la bowette. Parmi ceux-ci, le mineur Charles Pruvost essaie de mener le groupe à la bowette -326 mais ils restent bloqués dans un cul de sac se nourrissant à l'aide d'eau de ruissellement et de la viande de cheval. Le Meneu d'qu'évaux, Honoré Couplet, a tué son propre cheval Ecuyer. Dans le noir, la mise à mort du cheval s'est transformée en massacre. Après plusieurs jours d'attente, ils entendent des bruits et voient arriver Neny et le galibot Martin. Dix hommes se trouvent dans le cul de sac et attendent ainsi plusieurs jours dans le noir. La viande de cheval commençe à pourrir, les survivant doivent manger la toile de leur musette, boire leur urine ou une eau sale. Ils se décident finalement à rejoindre l'étage 280 mais sans passer par les feux de Cécile. Ils descendent à l'étage -303 du puits 3 et regagnent son accrochage. Ils mangent les carottes et l'avoine laissées à l'écurie d'accrochage. Le puits 3 restant muet, ils regagnent le puits 2 par Joséphine. Sans lumière, ils ne trouvent plus leur chemin et reviennent finalement à l'accrochage -303 du puits 3. Ils entendent du bruits à 231 mais ce sont les trois mineurs qui avaient quitté Neny les premiers jours. Le groupe des dix hommes rejoignent les deux autres par une petite galerie. Charles Pruvost retrouve ainsi son fils Anselme. Ils restent un jour à l'accrochage 231 et tentent de gagner le puits 2 par le nord conduit par Henri Wattier qui connaît bien les lieux. Ils redescendent ainsi à -280, passent devant les feux de Cécile sans rien remarquer puis gagnent l'étage -303. Ils prennent la bowette 306. Celle-ci avait été condamnée pour isoler les feux de Joséphine mais ce barrage venait d'être enlevé depuis deux jours. Ils arrivent à l'accrochage 306 le 30 mars où ils trouvent des mineurs travaillant à l'accrochage du puits.

 

Récit d'Augustin Berthon :

Juste après l'explosion, au puits 4, Berthon se retrouve avec un groupe de 33 autres mineurs sous la conduite du porion Grandamme. Ils restent dans la voie de Marie jusqu'à 14 heures. Ils doivent fuir devant les fumées jusqu'à l'accrochage 383. Ils arrivent 23 au puits où ils seront recueillis vers 16h30. Les onze autres tombent asphyxiés sur le chemin dont le mineur Berthon. Avec chance, il revient à lui et tente de regagner l'accrochage 383. Il erre quelques jours se nourrissant de viande de cheval mais il n'arrive pas à s'approcher de l'accrochage du puits 11 envahit par les eaux. A 383, il entend un cheval resté à l'écurie mais ne l'approche pas craignant de faire les frais d'une bête affamée comme lui. Il rejoint la bowette sud et arrive à manger des restes de briquets. Il se couvre avec des vêtements pris sur les cadavres pour éviter l'hypothermie. Il revient sans cesse à l'accrochage mais il n'y a aucune activité. Le 4 avril, il entend du bruits dans le puits qui venait d'être remis en service. Il remonte à l'étage 331 par le bure Lefel et rencontre un mineur à l'accrochage.


Date de création : 30/01/2014 @ 21:23
Catégorie : Les dates-les personnes - Catastrophes-Catastrophe de Courrières
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