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LES CATASTROPHES DU MOIS DE SEPTEMBRE DANS

LES CHARBONNAGES DU NORD/PAS-DE-CALAIS

Mercredi 3 septembre 1912 : fosse 1 de La Clarence à DIVION, 79 morts

La fosse 1 de La Clarence à DIVION est toute jeune en 1912. Les fonçages des deux puits commencés en 1896 ont duré très longtemps car il a fallu atteindre -1186 m et -1069 m pour chacun d’entre eux. La fosse semble très grisouteuse mais il faut produire du charbon !

Le mardi 3 septembre 1912, il est 14h 30 et les cages qui remontent les ouvriers du matin redescendent avec ceux de l’après-midi. Soudain, on entend une grande explosion, c’est un coup de grisou et c’est l’horreur. Prévenus, les sauveteurs des fosses voisines accourent pour essayer de dégager des camarades mais c’est surtout de nombreux tués et des hommes blessés gravement qu’ils découvrent. On remonte 39 corps dans les premières heures mais il manque encore beaucoup de mineurs. Les recherches durent plusieurs jours malgré d’autres explosions qui font de nouvelles victimes parmi les sauveteurs. Le bilan final est très lourd : 79 morts, 23 blessés provenant de toutes les villes et villages des environs (DIVION, CALONNE-RICOUART, AUCHEL, OURTON, FLORINGHEM, …). 26 corps n’ont pas été retrouvés car la fosse a dû être noyée pour éviter les incendies à répétition qui détruisent toutes les installations du fond.

cataseptembre01.jpg

La fosse 1 début du 20ième siècle

Le jour de la catastrophe

Six ans à peine après la catastrophe de COURRIÈRES, des consignes ont été données aux médias par le Ministre des Travaux Publics, Jean DUPUY, pour éviter un nouvel embrasement de tout le Bassin Minier ; cette catastrophe n’a donc pas eu le même écho dans le pays que celle qui a fait 1099 morts en 1906. Il n’y a pas eu d’obsèques globales mais séparées, chaque ville organisant les siennes. Elles ont toutes été encadrées par des gendarmes à cheval chargés de disperser les manifestations qui pourraient être improvisées (il ne faut surtout pas laisser les anarchistes tels Benoît BROUTCHOUX haranguer la foule pour provoquer des grèves.

Le défilé mortuaire sur le carreau de la fosse

Cette catastrophe a eu comme conséquence de faire creuser le puits n°2 à CALONNE-RICOUART à environ un km du n°1 à partir de 1916, il servira à l’aération de celui-ci.

Un second accident faisant 10 morts se produira le dimanche 20 juin 1954 à la fosse de La Clarence qui faisait partie du Groupe d’AUCHEL depuis la nationalisation. Cette nouvelle catastrophe et le faible rendement (930 t/j au maximum en 1954 malgré la modernisation des puits en 1951) entraîneront la fermeture de l’établissement (voir l’article sur les catastrophes de juin). Elle aura produit 6,55 millions de t.

Samedi 28 septembre 1940 : fosse 6 d’HAILLICOURT (Compagnie des Mines de BRUAY), 34 morts

18h 15 : trois avions allemands, certainement de retour d’Angleterre (on est en pleine bataille aérienne d’Angleterre) passent au-dessus de la fosse 6. L’un deux, sans doute touché, fait demi-tour pour se délester de cinq bombes qui tombent sur le bâtiment de criblage-moulinage. Les poussières de charbon soulevées provoquent instantanément un coup de poussier et tout s’enflamme transformant les membres du personnel en torches humaines. Il y a 34 morts (dont 22 trieuses sur les 27 présentes) et 16 blessés.

La fosse 6 avant modernisation

Entre 1913 et 1979 (date de sa fermeture définitive), le siège 6 qui était l’un des plus importants du Bassin Minier a produit 50,48 millions de t de charbon nettes.

La fosse modernisée vers 1970

Vendredi 10 septembre 1948 : fosse 7 d’AVION (Groupe de LIÉVIN), 7 morts

La fosse 7 d’AVION est en 1948 l’une des plus productives du Bassin mais elle est très grisouteuse.

La fosse 7 avant modernisation

Le vendredi 10 septembre, on s’affaire dans une nouvelle taille qui vient d’être mise en exploitation. Vers 10h, on prévient le porion qu’un incendie s’est déclaré dans une galerie voisine ; il s’y rend pour voir ce qui se passe. C’est déjà la fournaise, il avertit le jour qui lui demande de faire remonter son personnel ; lui reste encore un peu pour essayer d’éteindre l’incendie qui fait rage avec de l’eau. D’un seul coup, c’est l’explosion due à un coup de poussier très violent qui se propage dans les galeries ; le porion est gravement brûlé. Dès lors, tout est organisé au jour pour acheminer les sauveteurs et leur matériel sur les lieux de l’accident. Dans la taille, c’est l’enfer ! On remonte rapidement les corps sans vie de deux galibots et les premiers blessés dont cinq affreusement brûlés qui décèderont les jours suivants dans les hôpitaux de LIÉVIN et de FOUQUIÈRES dans d’atroces souffrances que le corps médical des Mines en relation avec les spécialistes de l’Hôpital Foch de PARIS a essayé en vain d’atténuer. Le bilan final s’établit à 7 morts et quelques blessés légers qui ont pu reprendre le travail.

Les obsèques ont lieu le lundi 13 septembre ; des milliers de personnes rendent un dernier hommage aux malheureux mineurs dont les cercueils sont alignés devant l’Hôtel de Ville d’AVION. La presse communiste (Liberté, l’Humanité) se déchaîne contre la déshumanisation de la fosse et les rendements excessifs et surtout contre les Décrets Lacoste qui viennent d’être imposés aux mineurs : baisse des rémunérations, transfert de la gestion des accidents du travail et maladies des mains des Sociétés de Secours Minières à la Direction des Houillères, et enfin la diminution de 10 % des effectifs de jour. Trop, c’est trop ! La grande grève de 1948 commence le 4 octobre, elle sera réprimée dans le sang par les CRS envoyés par le Ministre de l’Intérieur, Jules MOCH.

La fosse modernisée après 1953

Pour ce qui est de la catastrophe d’AVION, l’enquête n’a pas permis de déterminer avec certitude les causes de l’explosion. Pour les syndicats, c’est un coup de poussier classique dû aux cadences infernales ; pour la Direction, l’eau envoyée par le porion sur le charbon incandescent a formé un mélange gazeux détonant d’hydrogène et de monoxyde de carbone appelé ''gaz à l’eau'' par les chimistes : H2O + C → H2 + CO.

Une autre catastrophe une nouvelle fois due au grisou a fait 21 morts le 2 février 1965 (voir catastrophes de février).

Entre 1923 et 1973 (date de sa concentration sur le siège 11/19 de LENS), la fosse 7 d’AVION constituée de deux puits profonds de 1105 m et 928 m a produit 40,78 millions de t de charbon avec une pointe à 3000 t/j vers 1960. Elle a encore servi pour l’aérage du 11/19 jusqu’en 1986.


Date de création : 10/10/2014 @ 17:20
Catégorie : Les dates-les personnes - Catastrophes
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