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A ma mère

           

                           Souvent les femmes de mineurs sont oubliées.

Elles ont tant à faire dans la maison du coron.

S'occuper des enfants devenus écoliers,

Ainsi que du mari qui rentre du fond.

Ma mère n'a pas eut de chance toute sa vie.

C'est dans un train qui venait d'Italie,

Qu'elle apprît à marcher tout le long du couloir.

Sa vie ne se passa pas dans un boudoir.

C'est ainsi que la famille Scattolini devint patriote.

                              Mais Grand père François avait la bougeotte.

Les mines de lorraine avec lui cela n'allait point.

II fallait qu'il trouve avec sa famille un autre coin.

On avait besoin des bras de tous les mineurs.

Ma mère grandit dans le coron des Italiens,

Le coron était à côté du château de Montigny.

C'est là qu’à 13 ans, elle aidait à l'infirmerie.

C'était une belle femme à16 ans, elle connut papa

Il ressemblait trait pour trait à Jean Gabin.

Le père venait du Morvan mineur à la fosse ira.

Grand-père Francesco l'a regardé l’œil en coin.

Mes parents se marièrent c'était un beau couple.

Ma mère était courageuse, elle faisait les matelas.

C'est mon autre grand-père, un homme souple,

Qui lui appris à manier la cardeuse tout le tralala.

               À 45 ans, père était invalide à cent pour cent.

C'est pour cela ma mère eut un coup de sang.

Le travail ne lui faisait pas peur, la paie légère,

Matelas, sommiers, elle faisait aussi ménagère.

On n'a jamais manqué de rien toujours une piécette.

Des animaux, elle en a élevé pour les manger bien sûr.

II y avaient des poules, lapins, tués d'un coup d'apiette.

On peut dire que pour nous nourrir elle a travaillé dur.

Il fallait bien, mon père passa la moitié de sa vie à l'hôpital,

Pour aller le voir à Lille, parfois elle quittait son travail.

Quand elle rentrait, c'était pour redoubler comme à la taille.

Elle en vit des vertes et des pas mûrs, pour elle c'était normal.

Elle ne se plaignait jamais, de temps en temps j'allais l'aider.

La sécurité sociale, elle ne connaissait, au travail fallait aller.

Mais moi j'ai remarqué que tout cela elle le faisait sans bruit.

Toujours à aider les personnes du coron jamais elle ne nuit.

C'est pour cela que maintenant seulement je me rends compte

Ma Mère a fait son travail et même plus pour nous les enfants.

Mon père voilà 17 ans qu'il est parti au pays des contes.

Et ma mère reste là et, en tricotant nous autres attends.

J-P Mongaudon

mongaudon01.jpg

Au père

Je suis né dans le coron Sainte-Marie et depuis,

Tu as toujours dis mon petiot ne sera jamais mineur.

II ne descendra jamais à la mine dans le puits.

Mon petit ne sera jamais comme moi “bowetteur”.

J'étais tout petit, quand malade, tu n'es plus descendu.

Tes loques de fosse pour toujours pendus.

La mine au bout de 33 ans t'a eu par la silicose.

Cette maladie du Mineur c’était quelque chose

Jamais tu ne me  m‘engueulais, ou me frappais,

Le soir, je jetais le cartable pour jouer dans la voyette

C'est là que j'eus ma première amourette.

Bien sûr tous ces jeux étaient drôlement chouettes

Mais un jour, il a fallu payer l'ardoise.

Je fus embauché à la fosse malgré ma petite toise

Tu ne m'a rien dis quand l'école m'a renvoyé.

J'avais 16 ans et demi, il fallait aller travailler.

.

Dès que tu as su que j'allais descendre au fond,

Tu m'a poursuivi dans tout le coron.

Heureusement pour moi, tu étais vite essoufflé.

Quand je suis rentré tard le soir tu étais calmé.

Toi qui disais toujours que jamais je descendrais.

Durant ces 3 ans tu as toujours fait mon briquet,.

L'été des tartines de fraises, ou des bananes sucrées.

      Tu as fait ça tous les jours un amour vrai.

Un soir tu es venu à la fosse, j'avais oublié ma serviette.

Je t'ai fait revenir à la mine et tu as entendu tous ses bruits.

Mon père, tu y étais connu, on savait que tu n'étais pas une mauviette.

Quand je suis parti pour toujours à l'armée tu étais ravi.

Cela a été pour toi comme une fête, une délivrance.

J'y ai fait carrière près de trente années,

C'est grâce à Pierrot, que j'eus cette chance.

Aujourd'hui tu peux être fier de moi te rehausser

Le bon Dieu t'a trop tôt rappelé auprès de lui.

Pour ne pas oublier les histoires de tous les mineurs.

J'ai fait des livres pour raconter leur labeur.

Il ne faut pas oublier les hommes de la nuit.

Quand je pense à toi, je te sens derrière moi.

Tu me regardes, en train de travailler à l'ordinateur.

Tu dis sur mon épaule, c'est une télévision qui écrit,

Et tu penses, je savais bien que mon petiot, ne finirait pas mineur.

J-P Mongaudon

Ach pér

chu né din l' coron Ste Marie et depuis Ta toudis dis,

min tiot y s'ra jamais mineur,

y dequindra  jamais al mine, din l'puits .

Min tiot y sra jamais comme, mi bowetteur.

M'ninfance, elle fut heureuse, t'ar veno d'el fosse,

J'étot tout tiot quand malade t'es pu dequindu .

Pour toudi t'a pindu un dernière fo tes loque ed fosse.

A 45 ans invalid, silicosé, el mine, au bout 33 ans, t' a eu.

Jamais té m'ingueulo ou té m'frappo,

J'pouvo fair tout c'que voulo.

El soir jeto m'carnasse pour jouer din l'voyette,

 Ch'étot là j'ai eu m'première amourette.

Mais un jour y a fallu payer l'ardoise.

Té m'a rin dit quand l'école ma rinvoyé.

J'avo 16 ans et il fallo allé travailler.

J'fus imbauché al fosse malgré m'tiote toise.

Dé t'a sus j' allo déquinde au fond,

T'es ma arpoursuivi din tout coron.

Heureusemint pour mi tétot vite essoufflé,

Quin sus rintré tard l' soir t'étot calmé.

M'mère m' servit, im'ravisant, à minger.

Ti qui diso toudis que jamais j' dinquindrai.

Durin mes 3 ans d'fond ta toudi fait min briquet,

L'été des tartines al fraise l'hiver des bananes sucrées.

Ta fait tous ché postes du matin d' l'après midi ou d' nuit.

Un soir té venu al fosse j'avos oublié m'serviette.

J't'ai fait arvenir al mine et t'a réintindu tous ses bruits,

Min père t'y étot connus, in savo tétot pas une mauviette.

T'étot contin quand j' sus parti pour toudi à l'armée.

Cha à été pour ti comme in fête, in délivrance.

J'y ai fait carrière en y restin plus 30 années.

C'ché grâce à Pierrot et à Robert, que 'j'eu cette chance.

Aujourd'hui té peu et’rehausser et être fier ed mi.

Même si déjà l'bon dieu t'a trop tôt rappelé à Ii.

Car pour ne pas oublier les histoirs d'tous chés mineurs,

J'ai fait des livs et même in site pour raconter leur labeur.

Quin j'pins à ti j ‘sais. J' te sin là, derrière mi,

Té m'ravisse, in trin travailler à l'ordinateur.

Té do t'dir par d'seur m'épaule, cha ché un télé qui écrit,

 et té' dis, j 'savo bin min tiot y finiro pas mineur.

J-P Mongaudon

Hommage : Le cheval de mine.

Quel mineur pourrait oublier

Cet ami de tous les jours

Cet animal travailleur acharné

Ce cheval, camarade de toujours

Ce mineur à quatre pattes du fond,

Un bestiaux, qui vivait dans les profondeurs

Conscient et intelligent qui, du puits à front,

Ramenait les berlines vides ou pleines sans peur.

Il savait qu’il ne remonterait au jour

Soit mort dans un truck, soit livré au boucher

Quelques un les plus courageux seront dans un pré

Les mineurs les avaient rachetés à la fin du séjour

Il connaissait par cœur toutes les galeries

Et si dans une voie, se butait contre un bois cassé

Il savait exactement l’endroit où la tête baisser

Parfois il rentrait dans le noir au galop à l’écurie

Quelle complicité entre lui et son « méneu »

Il connaissait tous les mineurs et surtout ceux

Qui lui offrait de temps en temps une friandise

Il appréciait et savait faire avec eux franchise

Aujourd’hui, dans les fosses, plus de chevaux

Remplacés par des machines modernes à charrier

Depuis les mines sont fermées, mais le plus beau

C’est que les hommes de la nuit ne les oublieront jamais.

J-P Mongaudon


Date de création : 10/01/2015 @ 11:14
Catégorie : Livres, récits, témoignages... - Récits-Mineurs-Jean-Pierre Mongaudon
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