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AU NORD, C’ETAIENT LES TERRILS...

Conférence de Mineurs du Monde 16/04/15 LENS

Christian MORZEWSKI, Président de l’association ̎Université Populaire Mineurs du Monde ,̎ a eu le nez fin en invitant Frédéric KOWALSKI, chargé d’études ̎Patrimoine minier ̎ (CPIE Chaîne des Terrils) à venir le jeudi 16 avril 2015 à la Faculté Jean Perrin de LENS pour une conférence sur les terrils du Bassin Minier du Nord/Pas-de-Calais, c’est assurément l’un des meilleurs spécialistes sur le sujet (co-auteur de l’ouvrage ̎Terrils majeurs en sol minier ̎, éditeur La Chaîne des Terrils, 128 pages, 1996). L’exposé très dense montre qu’un travail considérable a été réalisé depuis des décennies pour que survivent nos dernières montagnes de schistes si bien intégrées au paysage et qui sont autant de preuves de l’épopée du charbon dans la région. L’article qui suit propose de retranscrire fidèlement ce qui a été dit ce soir-là en y apportant quelques compléments. De nombreux ouvrages et thèses ont été consacrés à ce vaste sujet qui se révèle passionnant.

Nombre total de terrils dans le Nord/Pas-de-Calais, numérotation

confterril01.jpg

Terril 9 Fosse 2bis d'Haillicourt

339 terrils ont été recensés dans le Nord/Pas-de-Calais mais certains ont complètement disparu. En 1969, les HBNPC en ont référencé 260 (de n°1 à n°260). Ils sont classés géographiquement d’ouest en est, chaque numéro correspond à un ou plusieurs terrils (on met alors des lettres après le numéro). On pourra consulter sur internet l’article wikipédia ̎Terrils du Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais ̎ pour avoir la numérotation intégrale.

  • AUCHEL-BRUAY : de 1 à 34,

  • BÉTHUNE-NOEUX : de 35 à 66,

  • LENS-LIÉVIN : de 67 à 81,

  • HÉNIN-COURRIÈRES : de 82 à 106,

  • OIGNIES : de 107 à 121,

  • DOUAI : de 122 à 146,

  • VALENCIENNES : de 147 à 202.

De 203 à 260, ce sont des sites dispersés (sans logique géographique) correspondant à des ajouts après 1970.

Cinquante-et-un terrils ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, le 30 juin 2012.

Dimensions des terrils

Terril 10 Fosse 3 de Bruay

La plupart des terrils occupent une base au sol d’au moins 10 ha et certains dépassent 100 m de hauteur.

Il y a eu plusieurs générations de terrils :

- les petits monticules ou les terrils tabulaires du milieu du XIXème siècle,

- les petits terrils coniques de la fin du XIXème siècle,

- les grands terrils coniques du début du XXème siècle,

- les grands terrils à plateaux trapézoïdaux de la fin du XXème siècle.

NB : Les deux terrils jumeaux du 11/19 de LENS (nos 74 et 74A) à LOOS EN GOHELLE ont une hauteur de 187 m (les plus hauts d’Europe, dit-on..) ; ils couvrent 90 ha et contiennent 24.000.000 m3 de terres (schistes argileux métamorphiques de densité 2,5 par rapport à l’eau), ce qui représente une masse de près de 60 millions de tonnes. Il y a à proximité le troisième terril plat du 11/19, le n° 74B et les deux de la fosse 16, les nos 79 et 79A en cours d’exploitation ; l’ensemble constitué par ces cinq  ̎monstres ̎ est gigantesque. On dit couramment que le volume des stériles sur les terrils représente 10% de ce qui a été remonté à la surface, ceci donne une idée de la quantité de charbon extraite !

Contenus des terrils

A gauche terril 14 de la fosse 5 à Marles les Mines

Ils contiennent des schistes principalement de trois couleurs :

  • les schistes noirs, à l'état naturel, dits ̎gras ̎, friables ; ils n’ont pas subi de combustion.

  • les schistes rouges, ils ont subi à l’intérieur du terril une combustion qui les a rendus vitrifiés donc plus durs. La pyrite de fer FeS2, sulfure de fer à l’aspect métallique doré, qu’ils contiennent a été transformée en sulfate ferreux FeSOpar les actions combinées de l’oxygène et de l’eau prisonniers des roches ainsi que de la chaleur résultant de la compression des roches :

2 FeS2 + 7 O2 + 2 H2O > 2 FeSO4 + 2 H2SO4

Le sulfate ferreux formé s’est décomposé à l’air libre en oxyde ferrique Fe2O3 et en deux gaz incolores : les dioxyde et trioxyde de soufre :

2 FeSO4 > Fe2O3 + SO2 + SO3

C’est l’oxyde ferrique (rouille) qui donne sa teinte rougeâtre aux schistes brûlés. C’est le dioxyde de soufre SO2 (gaz très dangereux d’odeur âcre qui se transforme en présence d’oxygène en trioxyde SO3) que l’on peut sentir en haut de certains terrils ; le trioxyde se transforme avec l’eau en acide sulfurique H2SO4 (origine des pluies acides susceptibles de détruire les conifères).

- les schistes orangés, résultant d’une combustion incomplète.

Que faire des terrils après l’épopée du charbon ?

Terril 42 des Usines de Noeux les Mines

La fin du charbon étant proche, les Houillères ont dû, à la fin des années 60, se préoccuper de l’exploitation des terrils ; elles les ont classés en trois catégories :

  • les terrils à préserver en raison de leur faunistique et de leur floristique : ils font depuis longtemps le bonheur de tous les naturalistes ;

  • les terrils à aménager en zone de loisirs ou de tourisme : ils sont aujourd’hui la fierté des communes dans lesquelles ils se trouvent ;

  • les terrils à exploiter dont les schistes recouvrent les grands axes de la région (autoroutes, routes nationales).

Sans les velléités de quelques Elus politiques et sans les luttes de quelques associations pour la sauvegarde d’une partie du patrimoine minier, la plupart des terrils auraient été exploités et donc rasés aujourd’hui. Dans beaucoup de communes, ce sont les seuls vestiges de l’épopée charbonnière.

A qui appartiennent les terrils ?

Terril 97 à Méricourt

Les propriétaires sont dévoilés dans un rapport d’enquête des Préfectures du Nord et du Pas-de-Calais entre le 10 février et le 11 mars 2014 et qui a pour objet le futur classement des terrils du Bassin Minier (consulter sur internet le document terrils rapp déroult 11_05_2014.pdf). La plupart appartiennent à des Communes, 7 à des Communautés de Communes, 8 au Département du Pas-de-Calais, 10 au Département du Nord, 3 à l’EPF (Établissement Public Foncier), 4 à l’Etat et 6 à des privés (cinq terrils de le la Compagnie de LIGNY-LES-AIRES et le terril St Léonard de VIEUX-CONDÉ). Certains ont plusieurs propriétaires qui se sont associés (ex : le terril n°125 de la Fosse Ste Marie appartient à la Commune d’AUBERCHICOURT, à la Communauté de Communes Cœur d’Ostrevent et au Département du Nord) ; le terril n°39 de la Fosse 1 de l’Escarpelle appartient aux Communes de ROOST-WARENDIN et de RÂCHES. Un terril appartient à l’Education Nationale : le n°6 ̎Bois de Lapugnoy ̎qui sert de chantier-école pour le lycée Bertin dit ̎des Travaux Publics ̎ de BRUAY.

Les différents types de terrils

Terril 84 de la Fosse 2 Rouvroy à gauche, terril 101 du Lavoir de Drocourt à droite

1) Les terrils coniques

Ce sont les terrils classiques situés à proximité des fosses, ils peuvent atteindre des hauteurs supérieures à 100 m, surtout dans le Pas-de-Calais.

2) Les terrils tabulaires

Ce sont les terrils plats des premières fosses exploitées. Les berlines contenant les stériles étant tirées par des chevaux, on ne pouvait leur faire monter des pentes très rudes ; les hauteurs étaient donc limitées.

3) Les terrils mixtes de zone humide

Ce sont des terrils qu’on rencontre principalement dans le Nord, ils ont des formes variables et sont moins hauts que ceux du Pas-de-Calais car le sol était souvent humide (marécageux) donc moins dur.

4) Les grands terrils modernes

Ce sont les terrils trapézoïdaux des grands sièges de concentration qui comportaient des lavoirs du charbon, des usines d’agglomération, des cokeries, des bassins de décantation... L’utilisation de machines très performantes dans les chantiers d’abattage du fond faisait remonter de grandes quantités de minerai ; dans les lavoirs, on récupérait donc beaucoup de schistes qu’il fallait étaler sur des plateaux de surface importante plutôt que sur des terrils coniques dont la hauteur était limitée.

5) Les terrils-cavaliers

Ce sont des terrils plats et horizontaux, pas très larges mais très longs, prévus pour y poser les voies ferrées qui reliaient les fosses. Ces aménagements permettaient d’éviter des routes fréquentées ou des canaux (en passant au-dessus ou en dessous). Ils sont devenus de longs chemins de balade.

6) Les terrils colonisés par la nature

Ce sont de vieux terrils abandonnés situés à proximité de zones boisées importantes, ils sont aujourd’hui entièrement recouverts de verdure.

7) Les terrils exploités

Ce sont de véritables carrières à ciel ouvert, des usines de concassage et de tri de schistes destinés à l’aménagement des routes. Leur exploitation dure plusieurs décennies.

8) Les terrils aménagés

La région a acquis un véritable savoir-faire dans ce domaine. En aménageant les terrils et en les remodelant, les paysagistes leur ont donné un aspect artistique. Ils sont ainsi devenus des paradis de verdure (flore luxuriante, faune caractéristique) et des lieux de promenade, de détente ou de pratique sportive très appréciés.

Ex : piste de ski sur le terril n° 42 de la fosse 3 de NOEUX, lac de baignade (Loisinord) sur le terril n°61 des Usines de NOEUX, amphithéâtre de verdure sur le terril no 78 de la fosse 15 de LOOS-EN-GOHELLE, lac et aire de spectacle (aire de la Fossette) sur le terril n° 38 de la fosse 7 de BARLIN, aires de promenade sur le terril tabulaire n°75 dit de Pinchonvalles de la fosse 6 de LIÉVIN à AVION et sur les terrils n°84 de la fosse 2 de ROUVROY et n° 101 du lavoir de DROCOURT, lac et plage de sable de RIEULAY sur le terril plat nos 144 des fosses De Sessevalle et Lemay, …

Topographie des terrils

Terril 74 à Loos en Gohelle

Le référencement des terrils les a classés en plusieurs catégories (un terril peut appartenir à plusieurs d’entre elles).

1) Les terrils-signaux

Ce sont les premiers qu’on voit à au moins 15 km quand on arrive dans le Bassin Minier.

Ex : le terril n°14 de la fosse 5 d’AUCHEL quand on arrive de la Côte d’Opale, le terril n° 87 Ste Henriette de la fosse 2 d’HENIN quand on arrive par l’A1 en venant de FRESNES-LES-MONTAUBAN.

2) Les terrils-monuments

Ce sont les grands ensembles de terrils accolés.

Ex : les terrils jumeaux nos74 et 74A du 11/19 de LENS à LOOS-EN-GOHELLE, les terrils jumeaux nos 2 et 3 du 6 de BRUAY à HAILLICOURT.

3) Les terrils-nature

Ce sont des terrils aménagés en espaces de verdure et lieux de promenade (concept de la trame verte).

Ex : terril n°75 de Pinchonvalles à AVION, terrils nos 84 et 101 de ROUVROY.

4) Les terrils-mémoire

Ce sont les terrils liés à un événement.

Ex : terril n°162 de la fosse Renard de DENAIN associé à Germinal, terril n°15 de la fosse 6 d’AUCHEL à CALONNE-RICOUART qui a explosé le 26 août 1975 (6 morts).

5) Les terrils-loisirs

Ce sont les terrils qui ont été transformés en bases de loisirs.

Ex : Loisinord et piste de ski à NOEUX, base de WINGLES sur les sites des terrils nos70 des fosses 3-4 de MEURCHIN et 7 de WINGLES, Parc des Glissoires à AVION sur le site du terril n°81 de la fosse 5 de LENS, lac de RIEULAY, …

Pourquoi défendre nos terrils ?

Fosse 11/19 Groupe de Lens depuis les terrils jumeaux de Loos en Gohelle

1) Ils ont un intérêt historique, pittoresque et scientifique

  • Le côté historique est évident : partout où il y a des terrils, des hommes sont descendus dans la terre pour gratter du charbon. Les montagnes de stériles qui ne représentent qu’une petite partie de ce qui a été remonté au jour montrent la quantité gigantesque de minerai qui a été remontée.

  • De 1662 à 1990, le Bassin Minier du Nord/Pas-de-Calais a produit 2,36 milliards de t de charbon.

  • 70,7 % ont été extraits du sous-sol du Pas-de-Calais, 29,3% de celui du Nord.

  • Le Bassin Minier comptait 885 puits, 100000 km de galeries et 326 terrils.

  • Le volume des stériles sur les terrils est estimé à 700 millions de m3. Si on les répandait sur le territoire

du Bassin Minier, le sol s’élèverait de 40 cm.

La plupart des installations minières ayant été rasées, les terrils restent dans beaucoup de communes les seules preuves du passé charbonnier.

  • Leur aspect pittoresque est indéniable : ils barraient la vue des habitants des corons ; ce sont les montagnes du Bassin Minier ; on les retrouve sur beaucoup de peintures, d’affiches ou de photos. Ce sont les symboles du pays noir. Initialement noirs et unicolores, les ̎crassiers ̎ (mot utilisé dans certaines régions pour qualifier des gros tas de déchets miniers ou sidérurgiques) deviennent progressivement des monts recouverts de verdure et de plantes multicolores qui font la fierté de leurs communes et le bonheur des passionnés de photographie.

  • L’intérêt scientifique pour les naturalistes est manifeste : tous les terrils constituent des écosystèmes uniques grâce au microclimat créé par la combustion interne des schistes ; on y trouve de ce fait une flore tout à fait inhabituelle à 50° de latitude (espèces méditerranéennes, plantes rares amenées par les vents) et une faune très variée (insectes, batraciens, volatiles, petits mammifères).

2) Ce sont des pôles ̎structurants ̎ qui attirent les touristes

L’ère du pays noir du siècle précédent est révolue, les mines ont fermé et il y a de moins en moins de mineurs. Les friches industrielles et les terrils se sont recouverts de verdure et le Bassin Minier s’est considérablement embelli et modernisé. La région n’est plus honteuse de son image (corons, crassiers, fosses, usines, pavés du Nord). Ce qui reste de ce patrimoine a souvent été rénové, nettoyé et aménagé pour être visité par des touristes qui veulent qu’on leur explique ce qui s’est passé là pendant près de deux siècles : la découverte du charbon, l’avènement du machinisme, la vie dans les cités minières, la souffrance des hommes, la toute-puissance du patronat, les grèves des mineurs, les catastrophes, les guerres, … Toute une activité culturelle s’est ainsi développée autour des terrils, des chevalements restants, des musées de la Mine,… ; des associations de plus en plus nombreuses, souvent soutenues par les collectivités locales (La Chaîne des Terrils, Eden 62, …), se sont donné comme mission d’informer toutes celles et tous ceux (descendants de mineurs, passionnés d’histoire) qui veulent savoir et comprendre. Le pays noir est devenu une destination intéressante et un pôle touristique, qui l’eût cru ? L’inscription du Bassin Minier sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco le 30 juin 2012 devrait permettre d’attirer davantage de visiteurs dans un futur proche.

Quels publics s’intéressent aux terrils aujourd’hui ?

Vue sur Liévin depuis les terrils de Loos en Gohelle

  • Les associations de sauvegarde du Bassin Minier : mémoire de la Mine et des mineurs.

  • Le public local : randonnées à thème, promenades en groupe, concours de photos, …

  • Les touristes : visites organisées, parcours mixtes (1ère Guerre Mondiale, épopée du charbon, …

  • Les fédérations sportives : courses de VTT, courses à pied, parapente, ski…

  • L’Éducation Nationale : randonnées-découverte, courses d’orientation, …

  • Les agriculteurs : on trouve de plus en plus de vaches, de chèvres, de moutons, de mouflons aux abords

des terrils, l’herbe y serait-elle plus verte ?

La combustion interne des terrils les rend-elle dangereux ?

Terril 74 conique et 74ter (bassin de décantation) Loos en Gohelle

La combustion interne est provoquée par du charbon poussiéreux qui est mélangée aux schistes, elle concerne surtout les anciens terrils. Elle peut provoquer quelques nuisances.

  • Production de gaz dangereux, risque d’éboulement et d’explosion

À cause de la pression intense des roches dans les entrailles du géant, le charbon résiduel est décomposé par la chaleur et il se forme des poches de méthane (grisou) qui ne peut s’enflammer seul, il a besoin d’un comburant, l’oxygène en l’occurrence qui peut être créé par la décomposition thermique de l’eau de pluie infiltrée (celle-ci donne également de l’hydrogène, un gaz très inflammable). En l’absence d’étincelle, la combustion se fait lentement à une température qui peut atteindre plusieurs centaines de °C. La chaleur produite dilate les gaz produits (dioxyde de carbone, vapeur d’eau et oxyde de carbone, un gaz très dangereux) donc les espaces entre les matériaux ; les poches créées sont susceptibles de s’effondrer et d’engendrer des éboulements libérant par endroits du méthane qui se retrouve dans l’atmosphère ; les étincelles générées par la friction des roches peuvent enflammer ou faire exploser ce gaz.

  • Exemple d’éboulement : effondrement du terril d’ABERFAN (Pays de Galles) sur une école en 1966,

144 morts dont 116 écoliers.

  • Exemple d’explosion : coup de grisou sur le terril de la fosse 6 d’AUCHEL à CALONNE-RICOUART en

1975, 6 morts.

  • Effet de serre avec le dioxyde de carbone produit dans le terril

Le dioxyde de carbone produit en grande quantité par la combustion interne dans le terril contribue à augmenter l’effet de serre : ce gaz entourant la Terre absorbe les rayons infrarouges réémis par la planète vers l’espace, ceci se traduit par une augmentation de la température de l’atmosphère (réchauffement climatique).

  • Production d’espèces chimiques cancérigènes

En fait, le terril est un véritable réacteur chimique chauffé par la combustion interne. Les décompositions thermiques des composés divers se trouvant dans le charbon peuvent générer tout un ensemble d’espèces organiques dont le benzène et ses dérivés qui sont tous cancérigènes. Par gravitation, ces corps liquides dangereux peuvent descendre sous le terril dans la terre et venir polluer la nappe phréatique. Dans certains cas, il se forme aussi des gaz sulfurés dangereux déjà cités (SO2 et SO3).

On ne peut empêcher la combustion interne d’un vieux terril par l’arrosage de celui-ci avec de l’eau car celle-ci, en se décomposant thermiquement en oxygène et hydrogène, accélérerait le phénomène au lieu de l’éteindre.

Cela étant dit, dans la plupart des cas, les terrils ne sont pas dangereux, notamment ceux qui ont déjà été aménagés pour recevoir des visiteurs.

L’avenir des terrils

Le rapport de l’enquête publique commandée par les deux Préfets départementaux concerne 79 terrils (terrils rapp déroult 11_05_2014.pdf) devrait aboutir à un classement de la plupart d’entre eux au titre des sites historiques à préserver. Des financements nouveaux (Etat, Collectivités Locales, Europe, privés) devraient permettre de les entretenir et de mieux les aménager pour accueillir un public de plus en plus nombreux. Les crassiers sont devenus des belles petites montagnes admirées, c’est la revanche des terrils !

Fête des terrils le 27 juin 2015

Le 27 juin 2015, des feux de Bengale seront allumés en haut d’une dizaine de terrils du Nord/Pas-de-Calais pour célébrer le classement du Bassin Minier par l’UNESCO. La fête a un coup (20000 €). La Mission Bassin Minier lance un projet de financement participatif pour boucler le budget de l’opération.

Article et photos Georges TYRAKOWSKI A.P.P.H.I.M


Date de création : 05/05/2015 @ 21:32
Catégorie : Le jour - Divers-Les terrils
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