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FRANCOIS BERRY

GRAND CONSTRUCTEUR LILLOIS DE MATÉRIEL MINIER

Né à Miribel (01) le 4 juin 1878*, François Jacques Barthélémy BERRY reçoit son diplôme des Arts & Métiers en 1897 à Aix (13). Il poursuit sa formation comme ouvrier ajusteur à la Compagnie de FIVES-LILLE, puis comme dessinateur industriel aux Etablissements CAIL.

Il effectue son service militaire au 8e Génie, puis entre aux Mines de l’Escarpelle avant de très rapidement devenir ingénieur des services de jour aux Mines de Carvin. En 1911, il reprend les Ateliers Thomas JESUPRET à Lille qu’il développe d’une manière importante. Mobilisé, il intègre les Établissements DRAGER où il se consacre aux productions de guerre. Après les hostilités, il est attaché à la commission technique des houillères. Tandis que les Ateliers de Lille poursuivent leur développement, il reprend l'Affaire AMBLARD à Dieppe (construction de navires). "On doit à ses recherches de nombreuses inventions et divers progrès dans la construction des ventilateurs, dans l'épuration pneumatique des charbons et des minerais. Il construisit, en 1933, les premiers locotracteurs de mines antigrisouteux". Il est décédé le 17 février 1956. http://www.patronsdefrance.fr/?q=sippaf-actor-record/4793

*date complétée après recherches aux Archives de l’Ain

Son fils Paul poursuivra cette épopée avant de confier les rênes à son propre fils Jacques.

BERRY ce sera plus d’un millier de locotracteurs, la plupart à moteur diesel et voie étroite.

80% d’entre eux tracteront dans des galeries très sombres, grisouteuses et à de très grandes profondeurs, les autres seront utilisés dans les carrières, tunnels, travaux publics, sidérurgie, usines, génie militaire, etc... et leurs puissances s’échelonneront de 7 à 250 ch.

15% d’entre eux seront exportés dans seize pays répartis sur les cinq continents du globe.

Enfin, quelques-uns seront électriques, dont le révolutionnaire NC104 2TR pour La Houve.

Certains auront une histoire très mouvementée, tel ce 2698 F4 de 100 ch à voie métrique :

- Livré à la fin des années 50 pour l’édification de l’usine hydroélectrique de Golinhac (12).

- Acquis par PATRY à Persan (95) pour procéder à sa restauration puis sa mise en vente.

- En 1970, acheté par G.T.M. à Marseille (13) pour la construction du Canal de Provence.

- En 1973, repris par l’entreprise PICO à Digne (04) pour la poursuite des mêmes travaux.

- En 1980, est utilisé en Corse par TURMEL pour rénovation de la voie métrique du C.F.C.

- En 1982, sert de locomoteur au dépôt de locomotives du C.F.P. de Puget-Théniers (06).

- En 1989, mis hors service après ses 30 ans de carrière éprouvante et sans concession.

- En 2009, récupéré par LUCATO Thermica pour le Musée de la Mine de Coniolo en Italie.

- En 2010, restauré esthétiquement et envoyé à Coniolo pour exposition devant ce musée.

fberry01.jpg

En livraison au chantier de Golinhac (ph.Fenwick)

En manœuvre au dépôt de Puget-Théniers (ph.GECP

Quant à son moteur Willème F4M, il équipe depuis la draisine BILLARD DU 50 n°3 dont le port d’attache est Boucieu-le-Roi (07) qui est sur la ligne du Chemin de Fer du Vivarais.

Exposition au Musée de la Mine à Coniolo (ph.Musée)

Draisine BILLARD qui a bénéficié de son moteur

Autre parcours tout aussi pittoresque pour ce 4558 F6 de 72 ch livré en voie métrique aux G.T.M. au milieu des années 60 pour la construction du Canal de Provence. A noter qu’il y a été rejoint par le locotracteur ci-dessus pour ensuite s’en trouver définitivement séparé.

- A la fin de la décennie 70, est à vendre chez PATRY à Persan (95), entièrement rénové.

- Au début des années 80, aurait été aperçu aux Mureaux (78) par son dernier acquéreur.

- Utilisé jusqu’en 1987 à la Mine de Batère (66) sur voie de 60 cm (modifié par PATRY ?).

- Vu ensuite chez Colas-Rail (ex-Seco-Rail - devenu filiale de Bouygues) à Auxonne (21).

- Racheté en 2006 par Le Tacot du Lac à Grez-sur-Loing (77), sa restauration est prévue.

En service à la Mine de Fer de Batère (source R&I)

Encore à la même mine mais en panne (source R&I)

Enfin arrivé (définitivement ?) au Tacot des Lacs

Après réparation de la pompe et remise en peinture

D’autres engins similaires à ceux-ci ont été construits pour les grands travaux pyrénéens, savoyards et sud-américains (tunnels, barrages, usines hydroélectriques), tandis qu’une gamme moins puissante a servi aux grands travaux parisiens et aux mines de la Cogema.

Evidemment, le devenir de ce type de matériel de T.P. était beaucoup moins tracé que celui des machines à vocation minière, ces dernières descendant le plus souvent au fond pour ne plus jamais revoir le jour. Pourtant, il est quelques cas relativement exceptionnels.

On peut ainsi évoquer ces 4735 T2 livrés en voie de 50 cm aux Houillères de la Loire pour les Mines de La Ricamarie (42), et puis modifiés en voie de 60 pour celles de Firminy (42).

- Transférés après 1969 aux Houillères du Dauphiné pour tracter à la Mine du Villaret (38).

- Repris par les Tourbières de l’Herrétang à St-Laurent-du-Pont (38) où ils ont servi durant quelques années, (mes recherches m’ont même permis de retrouver et de rencontrer leur conducteur-mécanicien), avant de rouiller dans un hangar pendant une douzaine d’autres.

- Récupérés en 1993 par des Ardéchois passionnés de mécanique sur voie étroite, mais qui avaient pour intention de n’en remettre qu’un seul en circulation, à savoir le plus léger.

- Fin 2014, l’autre est livré au Chemin de Fer de Bon Repos (22) qui veut le mettre un jour en service (il n’a plus de moteur depuis longtemps) sur une voie en cours d’aménagement.

Machine de la même série que celui en question. A aussi roulé aux mines de Loire et du Dauphiné.

Au fond, le n°33 rouillant aux tourbières de l’Herrétang. Devant, le léger qui sera transformé par les Ardéchois.

Le n°33 démonté pour son transport à Bon Repos.

Le transformé avec autre moteur et nouvel habillage

Bien entendu, la liste des locos BERRY retrouvés ailleurs serait longue à conter ici-même, mais heureusement que musées et associations d’anciens mineurs se sont battus pour imposer la conservation ou la récupération de bon nombre de ces machines. C’est ainsi qu’il s’en trouve un peu partout en France, surtout dans les anciens secteurs miniers où elles témoignent de leur passé industriel. Noyant d’Allier (03) et Oignies (62) en détiennent chacun près d’une dizaine qu’ils rénovent et entretiennent en fonction de leurs possibilités, mais plusieurs que possède Noyant d’Allier proviennent des H.B.N.P.C. Mines de Oignies.

C’est donc cette passion pour les locotracteurs BERRY qui m’a incité à visiter les endroits qui en exposent, et m’a aussi amené jusqu’à l’A.P.P.H.I.M. où j’ai rejoint son équipe de dirigeants. De là à vouloir communiquer au maximum sur le matériel minier en général et sur BERRY en particulier (j’y ai travaillé pendant près de douze ans), il n’y avait qu’un pas.

Mais BERRY ne fabriquait pas que des locotracteurs, bien au contraire ! Le second volet de son ingénieuse production était la ventilation des tunnels en construction ou en service, des puits et galeries de mines, des centrales thermiques et l’aération spécifique au besoin.

Il y avait aussi le triage-épuration pneumatique dont des tables adaptées à chaque minerai œuvraient aussi bien dans les mines du Limbourg belge qu’aux Cuves de Sassenage (38).

Et si la plupart des traces ont disparu, il existe encore quelques exemples de préservation tels que des ensembles d’aérage de mines et des ventilateurs exposés dans des musées.

Les deux centrifuges du 9/9bis de Oignies (62)

L’hélicoïde du Musée des anciennes MDPA (68)

C’était encore des tracteurs sur pneus «Buffle» et des autorails de transport de personnel :

Buffle agricole à moteur Peugeot essence de 18 ch

APB.810 en voie de 70 pour 15 passagers (ph.Rail.Lu)

En 1978, c’est la fin programmée de l’extraction du charbon et celle des grands travaux nationaux qui sonnent l’arrêt du service locotraction BERRY, dont le service après-vente sera repris par A.C.M.O. de Ste-Marie-aux-Chênes (57), filiale des A.C.M. de Dieppe (76).

Parallèlement se crée BERRY-DAVIDSON qui reprend NEU Lille Département Ventilation.

En 1980, DAVIDSON absorbe tous ses partenaires et prend le nom de DAVIDSON & CO.

En 1988, le géant HOWDEN acquiert DAVIDSON et toutes les sociétés qui le composent.

Etc... Etc…

Et depuis, bien malin celui qui arrive à comprendre qui a mangé qui et qui s’est fait avaler.

Disparu en 1956, François BERRY ne connaîtra pas les nombreuses œuvres techniques que sa force de caractère et ses compétences permettront à ses collaborateurs de réussir,

mais il faut lire son éloge funèbre pour comprendre quel grand Capitaine d’Industrie il était.

http://clio.ish-lyon.cnrs.fr/patrons/AC000000597/AC000000597Doc50.pdf

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ARTICLE ET PHOTOS DE PIERRE OMBROUCK (sauf mentions contraires)

DROITS A.P.P.H.I.M.


Date de création : 01/12/2016 @ 08:23
Catégorie : Les dates-les personnes - Les grands noms
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