Elie Reumaux

Elie Reumaux (1838-1922)

Une figure marquante des Mines de Lens

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Né en 1838 à Wemaers-Cappel, dans les Flandres, Élie Reumaux se distingue très tôt par ses ambitions académiques. Après des études à Hazebrouck et Dunkerque, il rejoint le prestigieux lycée Charlemagne à Paris, où il obtient en 1863 le titre d’ingénieur des Mines. Dès lors, il s’engage dans une carrière prometteuse au service de l’industrie minière.

Après un premier poste aux Mines de Béthune, il est recruté en 1866 par Édouard Bollaert, alors directeur des Mines de Lens, pour occuper le rôle d’ingénieur en chef. À cette époque, la Compagnie des Mines de Lens n’exploite que deux puits. Sous la direction d’Élie, l’exploitation prend un tournant décisif grâce à ses innovations techniques. Visionnaire, il perfectionne les techniques de fonçage des puits, notamment en introduisant le procédé de congélation des sols, une solution révolutionnaire pour traverser les nappes phréatiques, jusque-là un véritable cauchemar pour les ingénieurs.

Mais son influence ne se limite pas à la technique. Grand bâtisseur, Élie Reumaux contribue à la création de cités minières, d’églises, et de dispensaires. Il innove également dans la valorisation des sous-produits des cokeries, en exploitant les gaz produits par celles-ci. En reconnaissance de ses contributions majeures, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1879 par le ministre des Travaux publics, Charles de Freycinet, alors qu’il n’a que 41 ans.

Élie gravit les échelons et succède naturellement à Édouard Bollaert à la direction des Mines de Lens en 1898, à la suite du décès de ce dernier. En 1910, il est élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur. Cependant, la Première Guerre mondiale est une épreuve pour cet homme d’exception. Témoin de la destruction de la fosse 13 à Hulluch, qui porte son nom, Élie reste à Lens dans des conditions d’occupation dramatiques, tentant de retarder la désorganisation des installations et de venir en aide à la population sous les bombes. La pression ennemie finit par le contraindre à quitter Lens en 1916, après le dynamitage de son propre bureau.

Au lendemain de la guerre, il confie la reconstruction des mines, cités et usines à Ernest Cuvelette, son successeur à la direction. Pour sa part, Élie continue de siéger dans diverses sociétés minières et industrielles, tout en suivant de près la renaissance de Lens.

Le 28 octobre 1922, alors qu’il se rend à Carling, il trouve tragiquement la mort en chutant d’un train en marche. Ses funérailles, dignes d’un chef d’État, se tiennent le 4 novembre à Lens, où il repose au cimetière de Lens-Est, dans une sépulture conçue par l’architecte Louis-Marie Cordonnier, auteur des Grands Bureaux des Mines de Lens.

Héritage d’une vie consacrée au progrès et au bien-être des communautés minières, Élie Reumaux demeure une figure emblématique de l’histoire industrielle française.

 

Jean-Louis HUOT pour l’APPHIM

Sources : Le Groupe d’exploitation de Lens-Liévin de JMM Minot et Didier Vivien

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Date de création : 20/09/2026 18:06
Catégorie : - Les grands noms
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